La tradition l’exige désormais : nouveau séjour au Japon implique nouvel épanchement de verve rageuse pour garder le contact à travers les ondes. Ne vous sous-estimez
pas ! Car ce blog est un fil d’Ariane ténu dévidé entre vous et moi au fur
et à mesure que je progresse dans l’antre labyrinthique du monstrueux Minotaure.
Entre indécision casanière, tâtonnements professionnels et tergiversations
administratives, il m’aura fallu trois longues années pour refaire enfin le
grand saut, boucler à nouveau ma valise sans un billet de retour en poche et
venir finalement la poser indéfiniment sur le parquet vitrifié flambant neuf du
577-1 Ogisako, ville & préfecture
de Kumamoto, Japon.
Le Japon : « une
première fois pour l’aimer, une seconde pour le détester, une troisième pour l’apprécier
à sa juste valeur ». Je ne sais plus qui a dit ça, Nicolas Bouvier peut-être.
Cinq ans déjà de relation chaotique, avec ses hauts et ses bas, ses coups de cœurs
et ses coups de gueules, ses faveurs et ses trahisons. Et j’y reviens encore,
je m’acharne. Parce que cette fois-ci, c’est la bonne, c’est le point crucial
de l’adage, c’est le test ultime. D’un autre côté du monde, la France qui
empeste l’intolérance, l’égoïsme et la bêtise me donne un coup de pouce discret
en m’indiquant d’un clin d’œil la sortie des artistes. Boudeur et vexé, je suis
de retour à mon premier amour exotique.
Le Japon est un
pays de sanctuaires cachés qu’il faut retrouver pas à pas, un pays d’aventures
à vivre au cours desquelles on découvre des trésors inédits gardés par des
monstres terribles. Il faut du courage pour les affronter, car ces démons sont
des plus tenaces, de ceux qui naissent dans vos propres tripes, qui prennent
racine dans vos cœurs et se nourrissent dans vos cervelles de ces petites
habitudes mesquines qu’on prend au quotidien, de cette petite vision binoclarde
qui nous fait regarder le monde par la lucarne étroite des valeurs. Une impression de déjà-vu ?
Alors laissez-vous tenter ! Soyez braves et croquez à pleine dent la
pilule rouge, mordez dans le fruit défendu et poursuivez le Lapin Blanc dans sa
mystérieuse caverne, passez avec moi de l’autre côté du miroir et suivez avec
émerveillement les aventures du blondinet aux grands yeux bleus perdu dans ce
monde étrange rempli d’autochtones singuliers aux coutumes insolites !
Numérotez vos abatis,
car vous n’en sortirez pas indemnes. Le voyage ça fracasse l’ego et ça écrabouille
l’amour-propre, ça ruine la confiance et ça mâchouille l’estime ; bref, ça
vous arrondit les angles de vue. Alors configurez vos objectifs en vision
panoramique, et plongez avec moi dans cette mixture inédite que j’espère rafraîchissante.
Car voilà le
retour du Gaijin Tonic dans sa version 2.0, le « Gaijin TonicReloaded » – Plein Gaz !
