Tournée internationale !

* Tournée Internationale ! *

Voici la mise à jour des dates officielles de mes représentations à travers le monde pour les mois à venir :
- Du 11 au 12 mars : 17ème Championnats Open d'Asie à Hong Kong (sold out) ;
- Du 14 au 16 avril : 42ème Championnats d'Australie de Kendo à Canberra ;
- Du 11 au 14 mai : 28ème Championnats d'Europe de Kendo à Budapest ;
- Du 22 au 25 juin : Championnats de Kendo des Etats-Unis à San José, Californie.

lundi 16 janvier 2017

Higo Ginkô

Les Gobelins de la Gringotts n'ont qu'à bien se tenir. Aujourd’hui [*roulement de tambour*], je suis allé à la banque escorté prudemment de deux collègues, pour ouvrir un compte. Parce qu’au Japon, quand vous avez déjà des comptes en banque (c’est mon cas), ça n’est pas suffisant, parce que ça n’est jamais la bonne banque. Parce qu’au Japon, les choses sont simples, surtout quand il s’agit des banques. Vous vous souvenez de l’épisode à l’époque de la fac, où j’ai presque dû re-remplir entièrement le formulaire d’inscription parce que j’avais mis une CROIX (×) dans une case au lieu de cocher d’un joli ü ? Autant vous dire que j’y suis donc allé aujourd’hui en concevant de grands espoirs quant au déroulement des opérations, jubilant par anticipation à l’idée de vous raconter tout ça, sachant par avance que l’aventure s’annonçait prometteuse en anecdotes piquantes. Ça n’a pas manqué, les Japonais ne déçoivent jamais.

On a dû faire en tout et pour tout 3 allers-retours à la banque dans la journée. Pour commencer, je suis venu seulement avec mon 証明書 (shōmei-sho), ma carte d’identité provisoire japonaise, parce que normalement ça suffit, mais là on a voulut voir mon passeport aussi, avec tous les jolis visas dedans. Donc il a fallut aller le chercher chez moi et revenir (heureusement qu’on était en voiture).
Puis j’ai remplis les papiers, mais une fois soumis à l’œil poliment inquisiteur de la dame du comptoir, il s’est avéré que mon nom était écris en minuscules avec un tiret au milieu et une cédille sous le C. Ce qui me semble parfaitement logique puisque c’est mon nom, tel qu’il est écrit d’ailleurs sur mon passeport. Oui mais sur le 証明書, ces crétins de l’immigration, eux ils ne connaissent que les majuscules, et les caractères spéciaux ils s’en tamponnent gentiment, parce que c’est pas pratique à lire. Donc la dame m’a patiemment expliqué que non, mon nom désormais, c’est Rauch Jean Francois, comme sur ma carte. Et que du coup il faut remplir tout le formulaire à nouveau, ha ha. Heureusement que c’est dit avec le sourire, accompagné de formules de politesses à faire pâlir d’admiration un maître d’hôtel britannique (et Rōshu-sama par-ci, et Rōshu-sama par-là) ; parce qu’à ce moment-là je commençais à me sentir vaguement agacé. Surtout quand la dame adresse préférentiellement ses explications à votre collègue Coréen à côté de vous, parce que ses yeux bridés le prédisposent pré-supposément à mieux comprendre le japonais que vous (et encore une fois à mon grand damne, c’est le cas évidemment).
Alors c’est reparti, on remplit à nouveau tous les papiers, et puis il y a un « N » qui bave un peu sur une feuille annexe, c’est pas claire, alors on déchire tout et on recommence. Encore.
Vous vous souvenez cette humiliation en primaire, quand on vous faisait refaire cinq fois le même travail parce que c’était pas propre et parfait ? Et bien voilà, retour en primaire. De toute façon nous autres kendoka on le sait, on va au Japon pour travailler ses fondamentaux. On colorie sans dépasser.

Donc une fois que tout est bien rempli et que la dame s’occupe de tout, il ne reste plus qu’à attendre. Longtemps. Parce qu’au Japon, attendre est une activité à part entière, même rémunérée parfois. Par exemple, j’ai fait ces démarches sur mes heures de travail. Donc j’étais payé à attendre. Attendre que la dame saisisse mot à mot bien proprement tout comme il faut mon dossier.
Bon, je ne vous cache pas qu’au bout d’une demi-heure, comme on avait un repas avec les collègues et qu’ils nous attendaient déjà au resto, on a déclaré qu’on revenait dans une heure quand ça serait fini. Non mais sans blague. Voilà comment j’ai ouvert mon compte à la 肥後銀行 (Higo Ginkō),  afin de pouvoir recevoir mon salaire !

Si la gastronomie française et la gastronomie japonaise sont, comme je le crois, les seules au monde à être inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO, je pense que dans le domaine de l’administration tatillonne et inextricable, nos deux pays mériteraient également un podium avec une distinction exclusive pour les casses-couilles de premier ordre. Il est des talents trop peu reconnus dans le monde.

Un curry bien mérité (délicieux d'ailleurs !) pour fêter mon arrivée et dire au revoir à Sebastian
Meet the Wild Bunch !