Enfin
un week-end bien mérité passé à ne rien glander dans mon appartement, après une
semaine de fou passée, elle, à ménager la chèvre et le chou de Bruxelles (je ne
m’étends pas plus sur le sujet car les firewalls d’Internet ont des oreilles,
mais j’ai eu dernièrement un échange difficile avec un Belge). Je me suis absolument
juré de ne pas ouvrir un seul compte mail/Facebook lié au boulot durant mes
jours de repos, et j’applique à la lettre (en priant pour ne pas recevoir un
coup de fil du patron, mais il assiste à une compétition à Okinawa, donc je
devrais être relativement tranquille). Au programme pour deux jours : douches,
repas et sommeil à des heures délicieusement aléatoires, jeux vidéo (pas trop)
et séries en série (beaucoup). J’ai retrouvé une connexion Internet passable,
mot qui décrit bien ce tendre & frustrant équilibre entre l’installation d’une
ligne à fibre optique Hikari super
rapide dans mon appartement vendredi matin, et une suite aberrante d’obstacles insurmontables
dans la configuration du compte vendredi soir. J’ai eu beau trifouiller tout ce
que j’ai pu en maugréant ma race et en vouant les mystères du Saint Silicium à
tous les diables, c’est toujours la même chose avec cette vieille carne d’informatique :
quand vous réglez un problème, vous pensez d’abord simplement crocheter habilement
la serrure d’une petite salle des coffres innocente, et puis en fait vous vous apercevez
rapidement que vous venez juste de pousser la porte d’entrée du donjon : s’ensuit
alors une quête impossible dans un labyrinthe inextricable, rempli de monstres
abominables et d’énigmes invraisemblables. Quand vous pensez parvenir enfin
jusqu’au trésor, vous vous trouvez nez à nez avec un grand dragon rouge tout
feu tout flamme, et là, généralement vexé, vous balancez votre épée par-dessus votre
épaule et vous rebroussez chemin la mine basse en maugréant d’un ton rageur :
« il me semblait bien aussi que j’avais pas le niveau ».
Du coup, je me retrouve avec une connexion
bancale et intermittente tout le week-end, parce que j’ai dû me bidouiller un
truc bizarre à la main, et que le service technique est évidemment « out »
en dehors des horaires de bureau (qui, ironiquement, sont bien entendu aussi
mes horaires de travail). Je ne suis pas moi-même vraiment sûr de ce que j’ai fabriqué,
mais ça marche plus ou moins, et la règle en informatique dans ces cas là il me
semble, c’est « prie et ne pose surtout pas de question » (mon
ancien colocataire me donnera très certainement raison, j’en suis convaincu). Car
enfin, j’arrive à accéder à Internet de temps en temps par la grâce de Dieu et
l’opération miraculeuse du Saint-Esprit, et c’est déjà pas si mal ; or
vous me connaissez, je suis un homme simple qui se satisfait de peu et s’en
remet bien volontiers aux lois supérieures de l’univers quand les choses
dépassent manifestement son entendement et que sa connexion avec le grand tout
ne tient qu’à une fibre optique : AsahiNet
m’a apporté la lumière à haut débit, il n’en faut pas plus à mon âme tranquille
pour trouver la sérénité et zoner sur la toile. Alors en bon philosophe je m’en
tiens à une ascèse rigoureuse, et je m’abstiens très raisonnablement de m’interroger
un seul instant sur le dessous des cartes métaphysiques. Je profite très humblement
du bonheur que le destin veut bien m’accorder, et je wwilf paresseusement sur
les ondes, l’esprit en paix.
Le
service technique ne perd rien pour attendre lundi midi.