Un ami m’a rappelé un jour que dans « Human Ressources » le
mot important c’était « Ressources ».
A l’inverse, il faut bien garder en tête que le mot important dans « Businesse
Trip », c’est « Business ».
Pour tous ceux donc qui pensent
que voyager à travers le monde c’est nécessairement une partie de plaisir, ou
pour tous ceux qui ont paniqué parce que leurs vacances allaient être retardées
de 24 heures à cause d’un vol manqué, voici l’histoire de ma petite réaction en
chaîne à moi :
Les préparatifs de mon
déplacement à Budapest pour les Championnats d’Europe ont commencé il y a plus
d’un mois. Avant même d’aller visiter nos amis australiens à Camberra. Durant
la semaine passée, qui a constitué la dernière ligne droite avant l’évènement,
j’ai non seulement aidé à tenir notre stand à Kyoto tout en gérant le service
client des Ventes Internationales à distance, mais j’ai aussi dû m’occuper de
tous les préparatifs de dernière minute, la publicité, les affiches, les prix,
la publication des logos, la sponsorisation de l’évènement et ainsi de suite. A
cause du mariage d’un des employés de l’équipe domestique, je me retrouve pour
la première fois seul à faire le déplacement.
Le bus de Kumamoto à Fukuoka n’est
pas un problème. Le vol domestique jusqu’à Haneda non plus. Mon bagage est même
loin en dessous de la limite de poids, et j’embarque tranquille. L’intrigue se corse
quant à Haneda le vol pour Doha prend 40 minutes de retard. A ce moment là je
ne réalise pas encore, mais ma correspondance au Qatar me laisse un battement d’une
heure tout juste pour aller d’un avion à l’autre. Et aussi du terminal A au
terminal D. Je me rassure à la sortie de l’avion en voyant un membre du staff
avec un gros panneau « Budapest » : je suis attendu, tout va
bien. En plus, on a rattrapé une partie du retard en vol. Nous voilà parti pour
un rush à travers l’aéroport ; on passe la sécurité interne sur une file
prioritaire, et je m’enfuis aussitôt dans la navette qui m’emporte à l’autre
bout du complexe. En cours de route je me signale à un nouvel agent qui
prévient ses collègues de mon arrivée par radio. Moi qui me sentais plutôt bien
pris en charge, je déchante vite quand j’arrive enfin à destination : les portes
d’embarquement sont fermées, l’avion sur le départ. Le jugement dernier à
sonné, pas de Paradis pour vous : vous irez en enfer.
C’est sans appel évidemment, et
on me met sur le prochain vol pour Budapest. Jusque là je ne m’en fais pas
trop, c’est la procédure classique et puis je me doutais bien qu’on n’allait pas
me laisser moisir en plein milieu du désert. J’ai même droit à un bon pour un
petit déjeuner et un repas gratuit au resto central de l’aéroport (parce qu’ici
il est encore 6h du matin à ce moment-là, et même si j’ai d’autres chats à
fouetter, j’avoue que j’ai quand même la dalle, alors le geste est apprécié). Finalement
ça n’irait pas si mal, jusqu’à ce que je m’enquière des horaires du prochain
vol : départ à 13:35 pour une arrivée à… 18:10. Les 6 heures d’attente à l’aéroport
de Doha (5 étoiles), ça ne me fait pas peur. J’ai vu pire et j’ai de quoi m’occuper,
et puis c’est très bien arrangé ici. Mais avec un tel délai, je peux dors et
déjà dire adieu à l’installation de mon stand aujourd’hui comme prévu. Moi qui
me disais que même en étant tout seul j’aurais des heures pour organiser les
choses à l’avance tranquillement, tout ce beau plan s’effondre : il faudra
transporter et installer plus de 100 kg de matos et 6 sets d’armure aux yeux de
tous en même temps que tous les compétiteurs des 40 délégations internationales
arriveront demain matin pour un des plus importants championnats du monde. La
grande classe ; le professionnalisme exemplifié.
Je sens que je vais aimer ma
journée de demain.
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| Ooooh ! Les effrontés ! |
